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Albert Londres a aidé à faire fermer le bagne de Guyane, où la France envoyait ses forçats. Avec de simples articles de journal.
Né il y a 142 ans, il est mort dans l'incendie d'un paquebot. Il rapportait une enquête que personne n'a jamais lue.
Il naît le 1er novembre 1884 à Vichy, fils d'un chaudronnier.
Il veut être poète. À 18 ans, il publie ses premiers vers à Paris.
Pour vivre, il entre en 1906 au journal Le Matin.
La guerre de 1914 fait de lui un reporter de terrain.
En 1923, il débarque en Guyane, où la France envoie ses condamnés aux travaux forcés.
Il décrit le bagne comme « une usine à malheur ».
Ses articles paraissent dans Le Petit Parisien, l'un des journaux les plus lus du pays. Ils font scandale.
Il enquête ensuite sur les bagnes militaires, les asiles de fous, les Françaises vendues en Argentine.
En 1932, il rentre de Chine à bord d'un paquebot, le Georges Philippar. Il dit tenir un scandale. On parle d'armes et de drogue.
Le 16 mai, le navire prend feu au large d'Aden, à l'entrée de la mer Rouge.
Un officier le voit tenter de sortir par un hublot. Il ne parvient pas à s'accrocher au tuyau qu'on lui tend. Il tombe à la mer.
Son corps n'a jamais été retrouvé. Ses notes ont brûlé.
En 1938, la France cesse d'envoyer des forçats en Guyane.
Depuis 1933, un prix à son nom récompense chaque année les meilleurs grands reporters de langue française.
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Ferdinand Porsche, l'ingénieur de génie qui a créé la mythique Coccinelle et la marque de voitures de sport la plus célèbre au monde, était un officier SS qui a bâti son empire industriel sur le travail forcé des déportés d'Auschwitz et un mouroir pour nourrissons.
Dans l'histoire de l'automobile, l'industriel autrichien est la légende absolue de la mécanique allemande.
Le père de la voiture du peuple, la fameuse Volkswagen, et le fondateur de la prestigieuse lignée de bolides qui porte toujours son nom aujourd'hui.
Pendant des décennies, la légende officielle l'a présenté comme un simple technicien apolitique, uniquement passionné par ses moteurs et contraint malgré lui de travailler pour le régime nazi.
Les archives historiques racontent une réalité beaucoup plus sombre.
Dès 1937, Ferdinand Porsche adhère volontairement au parti nazi sous le numéro 5 643 287. Il intègre également la SS avec le grade d'officier supérieur, Oberführer.
Pour construire son usine géante de Fallersleben destinée à produire ses véhicules, l'industriel manque rapidement de main-d'œuvre allemande, mobilisée sur le front.
Loin de subir les ordres du régime, Porsche prend lui-même l'initiative d'aller chercher des esclaves.
Ces faits sont documentés par l'étude historique de mille pages commandée par le groupe Volkswagen lui-même à l'historien allemand Hans Mommsen, ainsi que par les archives des tribunaux militaires alliés.
À partir de 1941, Ferdinand Porsche sollicite directement Heinrich Himmler, le chef de la SS, pour obtenir des milliers de détenus issus des camps de concentration, dont celui d'Auschwitz, ainsi que des prisonniers de guerre soviétiques et des résistants français.
Au total, près de vingt mille travailleurs forcés constituent les deux tiers des effectifs de son usine. Ils sont parqués dans des caves humides et des camps de baraquements gérés par l'entreprise, sous la garde de la SS.
Mais l'horreur atteint son paroxysme avec le sort réservé aux enfants des ouvrières esclaves polonaises et russes.
Lorsqu'une travailleuse de l'usine tombe enceinte, son bébé représente une perte de productivité sur les chaînes de montage dirigées par Porsche et son gendre Anton Piëch.
Dès leur naissance, les nourrissons sont arrachés à leur mère et envoyés dans une pouponnière appartenant à l'usine, située à Rühen, sous la direction du médecin SS Hans Körbel.
Dans cet établissement insalubre, les bébés sont délibérément abandonnés sans soins, sous-alimentés et laissés dans leurs excréments, infestés de punaises et de vermine.
Les registres alliés du procès de 1946 révèlent l'ampleur du massacre : plus de trois cent soixante-cinq nourrissons y sont morts de faim, de déshydratation et d'infections en quelques mois. À partir de 1944, le taux de mortalité des bébés dans le mouroir de l'usine avoisinait les cent pour cent.
Ferdinand Porsche visitait régulièrement son complexe industriel et connaissait parfaitement l'existence de ce camp d'enfants, que le médecin SS Körbel lui avait personnellement présenté.
Si le docteur Körbel a été condamné à mort et pendu par les Britanniques en mars 1947 pour ces crimes, Ferdinand Porsche n'a jamais été jugé par un tribunal pour l'esclavage de son usine.
L'homme dont le nom fait rêver les amateurs de belles mécaniques dans le monde entier a construit sa fortune et son outil industriel sur l'exploitation à mort de milliers de déportés et le sacrifice de centaines de nouveau-nés.
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Le Larousse, le dictionnaire de votre enfance, porte le nom d'un fils de forgeron né il y a 209 ans. Il voulait tout expliquer à tout le monde.
Il a travaillé jusqu'à la paralysie, sans jamais voir son grand dictionnaire terminé.
Pierre Larousse naît le 23 octobre 1817 à Toucy, dans l'Yonne. Son père est charron-forgeron, sa mère tient une auberge.
À 16 ans, il obtient une bourse pour devenir instituteur. Vers 21 ans, il enseigne dans sa ville natale.
Il veut des leçons plus vivantes. En 1840, il quitte l'enseignement et part pour Paris, presque sans argent.
Il loge sous les toits du Quartier latin. Il suit tous les cours gratuits qu'il trouve.
Ses voisins de pension le surnomment « le bibliothécaire ».
En 1852, il fonde une maison d'édition avec un ami, Augustin Boyer.
En 1856, il publie un petit dictionnaire de la langue française. C'est l'ancêtre du Petit Larousse.
Puis il se lance dans un projet fou : un dictionnaire universel, qui dirait tout sur tout.
Le premier fascicule paraît en décembre 1863. L'ensemble atteindra 15 volumes.
En 1868, une attaque cérébrale le frappe. En 1871, il est paralysé.
Il continue.
Il meurt à Paris le 3 janvier 1875, à 57 ans.
Trente ans plus tard paraît le Petit Larousse illustré. Il porte toujours sa devise : « Je sème à tout vent ».
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Camille Claudel, l'une des plus grandes sculptrices françaises, a passé ses 30 dernières années enfermée dans un asile. Sa mère n'est jamais venue la voir.
Elle meurt le 19 octobre 1943, à 78 ans, à l'asile de Montdevergues, près d'Avignon.
Elle naît en 1864 dans l'Aisne. Son petit frère Paul deviendra l'écrivain Paul Claudel.
En 1882, elle rencontre Auguste Rodin, le sculpteur le plus célèbre de son temps. Un an plus tard, elle entre dans son atelier.
Elle devient son élève, puis son amante. Elle sculpte ses propres œuvres : La Valse, La Vague, L'Âge mûr.
Après leur rupture, elle vit recluse dans son atelier parisien. En 1912, elle brise ses plâtres.
Le 10 mars 1913, elle est internée, à la demande de sa mère. Elle ne sortira plus jamais.
Sa mère meurt en 1929 sans lui avoir rendu une seule visite. Paul vient la voir 12 fois en 30 ans.
Pendant l'Occupation, on a faim dans les asiles. Elle meurt d'une attaque, probablement liée à la sous-alimentation.
Aucun membre de sa famille n'assiste à son enterrement.
Ses restes finissent dans la fosse commune du cimetière de Montfavet. Elle n'a pas de tombe.
Depuis 2008, seul un cénotaphe, une tombe vide, porte son nom dans son village de l'Aisne.
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«Isolez-vous autant que vous le souhaitez pour devenir plus fort ; même si vous considérez la solitude comme un enfer insupportable, elle est bien préférable aux nombreux masques que portent les êtres humains. »
Dostoïevski
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Le 19 octobre 1943, Camille Claudel s'éteignait à l'âge de 78 ans, après trente années passées dans des établissements psychiatriques.
On a trop longtemps raconté son histoire à travers la relation artistique et amoureuse qu’elle a entretenue avec Auguste Rodin.
Or, bien plus qu’une muse ou qu’une femme sacrifiée, Camille Claudel fut une immense artiste, libre, audacieuse et visionnaire.
De La Valse à L'Âge mûr, des Causeuses à La Petite Châtelaine, son œuvre témoigne encore aujourd’hui d'une sensibilité exceptionnelle.
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« Si vous ne lisez que les livres que tout le monde lit, vous ne pourrez penser que comme tout le monde. »
-Haruki Murakami
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Lorsqu'on a demandé à Tchekhov quelle était la nature des sociétés défaillantes, il a répondu :
"Dans les sociétés défaillantes, il y a mille sots pour chaque esprit éclairé, et mille paroles grossières pour chaque mot conscient. La majorité reste toujours ignorante, et l'homme raisonnable est constamment vaincu. Si vous voyez des sujets futiles dominer les discussions dans une société, et les sots occuper le devant de la scène, alors vous êtes en présence d'une société très défaillante.
Par exemple, les chansons et les paroles vides de sens trouvent des millions de gens pour danser et les répéter, et le chanteur devient célèbre, connu et aimé. Au point que les gens prennent son avis sur les questions de la société et de la vie.
Quant aux écrivains et aux auteurs, personne ne les connaît et personne ne leur accorde de valeur ou de poids. La plupart des gens aiment la futilité et l'anesthésie. Quelqu'un qui nous anesthésie pour nous éloigner de nos pensées, et quelqu'un qui nous fait rire avec des futilités, est meilleur que quelqu'un qui nous réveille à la réalité et nous fait mal en disant la vérité. C'est pourquoi la démocratie ne convient pas aux sociétés ignorantes, car c'est la majorité ignorante qui décidera de votre destin." Le monde littéraire.
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"Le verbe lire, comme le verbe aimer et le verbe rêver, ne supporte pas "le mode impératif". J'ai toujours conseillé à mes élèves que si un livre les ennuyait, ils ne le lisent pas parce qu'il est célèbre, qu'ils ne lisent pas un livre parce qu'il est moderne, qu'ils ne lisent pas un livre parce qu'il est ancien. La lecture doit être l'une des formes du bonheur et personne ne peut être forcé à être heureux."
Georges Luis Borges
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L’ #Opéra de #Paris de Charles Garnier dans un environnement haussmannien, oui mais comme on ne le voit jamais, de haut... depuis 1875...
paris-visites-guidees.com
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Aucune constitution française n'a tenu aussi longtemps que celle de la Ve République : 68 ans aujourd'hui.
Elle a pourtant été écrite en un été.
Avant elle, la France en avait usé 14 en 167 ans. Durée de vie moyenne : 11 ans.
Printemps 1958. La IVe République s'enlise dans la guerre d'Algérie et ses gouvernements tombent les uns après les autres.
Le 1er juin, les députés confient le pouvoir au général de Gaulle. Deux jours plus tard, il obtient le droit de réécrire la Constitution.
Le chantier revient à Michel Debré, son ministre de la Justice. En juillet, il envoie 3 juristes au château de La Celle-Saint-Cloud, près de Paris.
Ils y travaillent jour et nuit. Le 14 juillet, le texte complet est prêt.
Le 4 septembre, de Gaulle présente le projet place de la République, à Paris. Le 28, près de 80 % des votants l'approuvent par référendum.
Le 4 octobre 1958, le président René Coty promulgue la Constitution. Sa signature met fin à la République qu'il préside.
À l'époque, certains lui prédisent de disparaître avec de Gaulle.
De Gaulle quitte le pouvoir en 1969.
Elle est toujours là. Révisée 25 fois, jamais remplacée.
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Quand quelqu'un mourait, il restait à la maison.
On installait la chambre. Un drap blanc, une bougie, un rameau de buis dans un bol d'eau bénite. Et pendant trois jours, la maison ne se fermait plus.
Tout le village passait. Les voisins, les cousins, les collègues, ceux qu'on n'avait pas vus depuis vingt ans. On entrait, on se recueillait un instant, on disait quelques mots à la famille, on restait un peu.
Les femmes se relayaient à la cuisine. Il y avait toujours du café, du vin, quelque chose à manger. Les gens apportaient un plat sans qu'on demande.
Les enfants voyaient tout ça. On ne les envoyait pas ailleurs. Ils comprenaient que c'était triste, grave, et normal.
Aujourd'hui, la mort a quitté la maison. Elle se passe à l'hôpital, puis dans une chambre funéraire, dans un bâtiment neutre, sur rendez-vous, avec des horaires de visite.
C'est plus propre, plus organisé, sans doute plus facile pour ceux qui restent.
Mais on a perdu ces trois jours où la communauté entière entourait une famille sans qu'elle ait à le demander.
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"Il existe une forme de tristesse qui naît du fait d'en savoir trop, de voir le monde tel qu'il est vraiment. C'est la tristesse de comprendre que la vie n'est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l'amour n'est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n'est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s'accrocher. Et dans cette compréhension se cache une profonde solitude, un sentiment d'être coupé du monde, des autres, de soi-même."
Virginia Woolf, Vers le phare

























