Gator L'alligator retweeted
🇫🇷📵 C'est voté !!
Ce soir vers 22h20 le Sénat a adopté l'amendement 94 du Gouvernement... et son jumeau le 50
> Pharos pourra demander le retrait des contenus qui appellent à des violences, des vols ou des dégradations, s'ils risquent un "trouble grave à l'ordre public"
> Pas retiré sous 24h = Blocage et déréférencement du site
> L'hébergeur qui ne s'exécute pas : 6 mois de prison, 150 000€, 2% du chiffre d'affaires mondial... et jusqu'à 5 ans d'interdiction d'exercer l'activité
> Toujours aucun juge avant. Les demandes passent seulement par une "personnalité qualifiée"
Un sous-amendement voulait retirer du texte "la provocation, même non suivie d'effet, à la commission d'infractions"... Rejeté !
En séance Laurent Nuñez : "on ne parle pas de fermer les réseaux sociaux, mais de retirer simplement des contenus"
Et le Conseil d'État n'a jamais été consulté sur cette mesure, introduite par amendement
Seule bonne nouvelle de la soirée : l'amendement 98, qui réservait la protection aux seuls journalistes à carte a été rejeté
Bref...
Lundi : déposé
Mardi : voté 😐
🇫🇷📵 Jeudi, Matignon préparait la coupure des réseaux sociaux... sans aucun texte
Ce lundi... le texte arrive !
Le Gouvernement vient de déposer au Sénat l'amendement n°94
> Pharos pourra exiger le retrait de messages qui appellent à des violences, des vols ou des dégradations, s'ils risquent un "trouble grave à l'ordre public"
> Retrait sous 24h... sinon blocage du site et déréférencement
> Pour les appels à l'insurrection : retrait "dans l'heure"... sinon blocage
> La plateforme qui traîne : 6 mois de prison, 150 000€ et jusqu'à 2% de son chiffre d'affaires mondial
> Aucun juge avant le retrait. C'est l'administration qui demande
La justification officielle :
"Les réseaux sociaux peuvent contribuer de manière décisive aux violences"
Le même midi, Macron à Marseille : les réseaux sociaux "abîment notre démocratie"
Et pour justifier la procédure "dans l'heure" le gouvernement cite un règlement européen... consacré au terrorisme !
Vous voyez l'enchaînement ?
Une lettre secrète jeudi
Un discours lundi midi
Un amendement lundi après-midi.
Gator L'alligator retweeted
Une "source proche du dossier" m'a confié qu'une liste de noms de domaine aurait été adressée aux opérateurs vendredi soir, en leur demandant de se préparer à les bloquer samedi.
Dans cette liste figuraient ceux nécessaires au fonctionnement de Signal, Telegram et WhatsApp.
Je suis bien sûr dans l'incapacité de le démontrer, mais il se trouvera bien un(e) journaliste pour demander au gouvernement si c'est exact ou si c'est faux. Jusque là il a toujours répondu "pas de commentaire" sans rien démentir, à ceux qui l'interrogeaient au sujet de ces préparations d'injonction de blocage massif des réseaux sociaux en France en cas de manifestations qui tourneraient à l'émeute urbaine.
Waaaaah c'est hardcore
[ 🇫🇷 FRANCE ]
🔸 Le projet de loi « casseurs payeurs » fait l’objet de nombreux amendements au Sénat :
– Jusqu’à 10 000 € de responsabilité solidaire pour les dégâts commis lors de manifestations.
– Saisies possibles sur le RSA, les APL et certaines allocations pour indemniser les victimes.
– Extension de la vidéosurveillance algorithmique et du recours aux drones lors des manifestations.
– Possibilité d’interdire administrativement de manifester.
– Retrait sous une heure de certains contenus en ligne, avec possibilité de blocage des sites concernés.
– Peines renforcées pour la participation à des groupements préparant des violences.
– Jusqu’à 6 mois de prison pour participation à une manifestation interdite.
– Extension des cas de suspension des comptes sur les réseaux sociaux.
via @PJanuel
Utiliser WhatsApp pour ça
Rejoignez le groupe WhatsApp Amis LFI . Il y a bien un groupe pour nous les français créé par nos amis brésiliens. Je pense que ça pourrait être bien de solliciter @ALeaument pour être de la partie. Ou éventuellement s'en inspirer.
🚨 Le gouvernement de @SebLecornu introduit un amendement scélérat à la loi « casseurs-payeurs » pour bloquer tout réseau social qui ne supprimerait pas sous une heure tout contenu qui ne plairait pas à Matignon.
Sur injonction administrative. Sans juge. Sans mécanisme d’appel. Sans contrôle. Des fonctionnaires décideraient de ce qui relève d'une opinion autorisée de celle qui doit être censurée. Cette dérive autoritaire est une grave menace pour la démocratie. Aujourd'hui on veut censurer les « appels à l'armement », demain cela sera les articles critiques contre l'extrême centre, ou ceux qui se plaignent du cout de la vie. L'exception devient toujours la règle dans le domaine sécuritaire.
Gator L'alligator retweeted
C’est totalement passé inaperçu ici mais en Guadeloupe, Wendy, 19 ans, est dans le coma depuis plusieurs jours après avoir été renversé puis frappé par les gendarmes. La famille a été laissée sans nouvelle et vit sous pression policière
Gator L'alligator retweeted
🚨 Plusieurs publications circulent actuellement, affirmant que Bitchat, la messagerie décentralisée de Jack Dorsey (@jack), aurait été financée par la CIA, et présentant l'application comme un outil permettant de surveiller les manifestants.
Des comptes comme @Hannibal9972485 et @PhilConte007 ont notamment relayé ou commenté ces accusations.
Au programme : financements américains, liens avec la CIA, surveillance Bluetooth, collecte de métadonnées, relais Nostr supposément contrôlés par le renseignement...
Alors, qu'est-ce qui tient la route ? Qu'est-ce qui est tiré par les cheveux ?
J'ai repris les documents financiers, les relations entre les organisations citées, le code source de Bitchat, sa documentation cryptographique et les vulnérabilités reconnues par ses propres développeurs.
Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, il y a de véritables sujets de sécurité. Mais ils sont largement noyés sous des accusations spectaculaires qui dépassent les preuves disponibles.
On déroule. 🧵
1. La CIA a-t-elle financé Bitchat ?
La première publication avance une chaîne de relations entre plusieurs organisations :
NED → Human Rights Foundation → OpenSats → Calle → Bitchat.
La National Endowment for Democracy (NED) est une fondation américaine créée en 1983 et financée majoritairement par des crédits publics votés par le Congrès.
Elle soutient notamment des programmes liés à la démocratie, aux droits humains et aux libertés fondamentales à l'étranger.
La NED entretient effectivement des relations avec la Human Rights Foundation (HRF).
Le 25 septembre 2026, elle annonçait notamment les résultats d'un concours technologique organisé en partenariat avec cette dernière.
Premier lien : confirmé. ✅
La HRF finance également OpenSats, une organisation américaine à but non lucratif qui soutient des développeurs de logiciels libres, notamment dans les écosystèmes Bitcoin, Nostr et les technologies de résistance à la censure.
Deux financements ont été publiquement annoncés :
- 250 000 dollars, dans une annonce publiée en février 2025.
- 116 000 dollars, annoncés en janvier 2026.
Soit 366 000 dollars de financements annoncés.
Deuxième lien : confirmé.✅
Enfin, OpenSats soutient financièrement Calle, développeur qui travaille notamment sur Bitchat Android.
Troisième lien : confirmé.✅
Jusqu'ici, les éléments présentés reposent donc sur des faits authentiques.
Mais attention à ce qu'on leur fait dire.
2. Ce que les publications omettent
Les 366 000 dollars provenant de HRF sont expressément destinés au budget de fonctionnement d'OpenSats.
L'organisation distingue ce budget de ses fonds servant directement à financer les développeurs.
Ces sommes permettent notamment d'assurer l'administration, l'examen des demandes de subventions, les vérifications techniques et la comptabilité.
Surtout, OpenSats finançait déjà Calle le 21 juin 2024, pour ses travaux sur Cashu, un protocole de monnaie électronique associé à Bitcoin.
Or Jack Dorsey n'a présenté Bitchat publiquement que le 6 juillet 2025.
Cette subvention précède donc d'environ un an l'apparition de Bitchat.
OpenSats confirme bien, dans une publication de juillet 2026, que Calle développe et maintient Bitchat Android.
Il existe donc un lien réel entre une organisation financée par HRF et un développeur de Bitchat.
Mais cela ne démontre ni que les 366 000 dollars ont servi à développer cette application, ni qu'ils provenaient de la NED, encore moins de la CIA.
On peut évidemment s'interroger sur les effets indirects d'un financement général. Mais financer les frais d'une organisation ne revient pas à avoir commandé chacun des logiciels développés par ses bénéficiaires.
Il manque ici plusieurs preuves de transferts financiers et d'affectation des fonds.
Un partenariat n'est pas un virement. Un virement n'est pas une commande. Et une commande n'est pas nécessairement une opération de renseignement.
Ce serait bien de ne pas confondre toutes ces notions.
3. Pourquoi la CIA revient-elle systématiquement dans ces accusations ?
Il existe néanmoins un contexte historique réel.
La NED est officiellement indépendante de la CIA. Mais certaines activités de soutien politique ou institutionnel qu'elle conduit ouvertement correspondent à des domaines où les États-Unis intervenaient autrefois clandestinement.
En 1991, Allen Weinstein, qui avait participé à la création de la NED, expliquait au Washington Post qu'une grande partie de ce que son organisation faisait publiquement était auparavant réalisée clandestinement par la CIA.
Cette déclaration est authentique.
Il serait donc naïf de nier toute dimension géopolitique au financement américain des technologies de contournement de la censure.
Les États-Unis ont évidemment un intérêt stratégique à favoriser la circulation de l'information dans certains États adversaires.
Mais une convergence avec les intérêts américains ne démontre pas qu'un logiciel constitue une opération de la CIA.
Et pour Bitchat, les documents cités ne permettent pas d'établir une telle opération.
4. 🔐 En revanche, les critiques techniques méritent beaucoup plus d'attention
Bitchat utilise notamment Bluetooth Low Energy (BLE) pour créer un réseau maillé.
Les appareils à proximité peuvent communiquer entre eux et relayer des messages de proche en proche, sans connexion Internet.
C'est précisément l'intérêt de cette architecture lorsqu'un réseau mobile est coupé, saturé ou censuré.
Mais il faut distinguer deux notions importantes :
La confidentialité du contenu des communications et l'anonymat des participants.
Ce n'est pas parce qu'un message est chiffré que personne ne peut détecter l'existence d'une communication.
Et Bitchat présente une faiblesse de confidentialité particulièrement intéressante sur ce point.
5. Les identifiants persistants de Bitchat
Le livre blanc technique de Bitchat, version 2.0 du 6 juillet 2026, décrit un mécanisme d'identification reposant sur des clés cryptographiques.
Chaque appareil dispose notamment d'une clé publique statique Noise.
Son identifiant court, sur huit octets, est dérivé de l'empreinte SHA-256 de cette clé.
peerID = SHA256(clé_publique_Noise)[0..8]
Le problème ?
Cet identifiant reste stable entre les connexions et les redémarrages tant que l'identité cryptographique n'est pas renouvelée.
Les annonces de présence peuvent également exposer un pseudonyme, les clés publiques persistantes et certaines informations relatives au voisinage du terminal.
Un observateur qui collecte ces informations à différents endroits peut donc tenter de reconnaître un appareil déjà observé.
Pas besoin de casser le chiffrement.
Pas besoin de lire les messages.
Et la randomisation de l'adresse Bluetooth assurée par le système d'exploitation ne suffit pas à empêcher cette corrélation puisque Bitchat publie un identifiant stable au niveau applicatif.
La documentation officielle le reconnaît expressément.
C'est une faiblesse sérieuse pour une application susceptible d'être utilisée par des personnes exposées à une surveillance ciblée.
Mais il faut immédiatement apporter une précision que les publications virales oublient.
6. La corrélation des métadonnées n'a rien de propre à Bitchat
C'est probablement la principale faiblesse du raisonnement avancé contre cette application.
La quasi-totalité des systèmes de messagerie présentent, à des degrés très différents, des surfaces d'exposition de métadonnées.
La question n'est pas simplement de savoir si des métadonnées existent, mais lesquelles, à quel niveau elles sont visibles, par qui et pendant combien de temps.
Prenons quelques exemples.
WhatsApp :
Les messages personnels bénéficient du chiffrement de bout en bout.
Mais WhatsApp traite notamment des numéros de téléphone, des informations de connexion, des adresses IP, des caractéristiques techniques des appareils et, selon les fonctionnalités activées, des informations issues du carnet d'adresses.
Ces éléments peuvent permettre certaines corrélations, sans avoir accès au contenu des conversations.
Telegram :
C'est encore plus intéressant.
Telegram indique lui-même dans sa politique de confidentialité qu'il peut collecter des adresses IP, des informations sur les appareils, les applications utilisées et l'historique des changements de nom d'utilisateur.
Certaines de ces métadonnées peuvent être conservées jusqu'à douze mois.
Et contrairement à ce que beaucoup pensent encore, les conversations ordinaires de Telegram ne bénéficient pas du chiffrement de bout en bout par défaut.
Celui-ci est réservé aux conversations secrètes.
La surface d'exposition est donc sensiblement différente.
Signal :
Signal pousse beaucoup plus loin la minimisation des métadonnées.
Son mécanisme Sealed Sender vise notamment à dissimuler au service l'identité de l'expéditeur.
Signal ne conserve pas d'historique des correspondances entre utilisateurs ni de leurs listes de contacts sur ses serveurs.
Dans une réponse à une réquisition publiée en mars 2026, l'organisation rappelle que les seules données disponibles pour certains comptes concernaient notamment leur création et leur dernière connexion.
C'est une différence majeure avec WhatsApp ou Telegram.
Mais cela ne rend pas toutes les communications Signal impossibles à corréler.
Un adversaire disposant d'une visibilité suffisante sur les réseaux peut chercher à rapprocher des horaires, des volumes de trafic, des adresses IP observées et des communications entre terminaux.
La résistance de Signal à ces analyses est bien supérieure à celle de nombreux services, mais elle n'abolit pas toutes les possibilités d'analyse du trafic.
Même logique pour les messageries fédérées ou décentralisées.
Les serveurs qui transportent les communications peuvent disposer d'informations sur les connexions, les événements reçus, les destinations ou les horaires, selon l'architecture et les protections utilisées.
Tout dépend du protocole, du modèle de menace et des mécanismes de réduction des métadonnées.
La particularité de Bitchat n'est donc pas d'avoir inventé le problème de corrélation.
Sa particularité est d'exposer certains identifiants persistants et informations de voisinage à des observateurs physiquement présents à portée radio, alors que d'autres messageries exposent davantage de métadonnées au niveau des serveurs ou du réseau Internet.
Ce sont des modèles de menace différents.
Les confondre empêche précisément de comprendre ce qu'il faut protéger.
7. Peut-on cartographier les manifestants avec Bluetooth ?
L'auteur du post affirme qu'un service de renseignement pourrait utiliser des récepteurs Bluetooth pour identifier les appareils présents lors d'une manifestation et reconstituer une partie de leurs relations.
Sur le principe, oui.
Et cette possibilité est reconnue par les développeurs de Bitchat.
La documentation technique décrit notamment des annonces contenant jusqu'à dix identifiants de voisins directs.
Un observateur capable de recevoir ces annonces peut essayer de reconstituer une partie du graphe local de proximité.
On peut également observer des caractéristiques radio : intensité du signal (RSSI), fréquence des émissions et horaires des transmissions.
Mais attention aux raccourcis.
Recevoir un signal Bluetooth ne donne pas automatiquement la position GPS d'un appareil.
La puissance du signal dépend de nombreux paramètres : distance, obstacles, orientation du téléphone, interférences et environnement radio.
Plusieurs capteurs et des observations répétées peuvent améliorer les estimations, mais une proximité déduite ne constitue pas une géolocalisation certaine.
De même, toutes les métadonnées applicatives ne figurent pas directement dans les paquets publicitaires BLE.
L'observation des annonces applicatives, des connexions GATT et du trafic nécessite de distinguer plusieurs niveaux techniques.
Autrement dit, le scénario de surveillance est crédible.
Mais sa fiabilité dépend des capacités réellement déployées par l'observateur.
Et surtout, rien ne démontre que la CIA exploite actuellement un tel dispositif contre les utilisateurs de Bitchat.
Les services de sécurité de tout État, voire des acteurs privés équipés, pourraient exploiter ces émissions, indépendamment du financement du logiciel.
8. 🔧 Les développeurs travaillent-ils à corriger le problème ?
Oui.
Un document officiel, intitulé Peer ID Rotation Specification, décrit précisément les faiblesses des identifiants actuels.
Les développeurs envisagent notamment des identifiants temporaires renouvelés périodiquement.
Mais il ne suffit pas de modifier les huit octets de l'identifiant.
Si les mêmes clés publiques continuent d'être diffusées en clair, le nouvel identifiant peut immédiatement être rapproché de l'ancien.
La correction implique donc de modifier simultanément le système d'identification et les annonces de présence.
Des primitives cryptographiques et des spécifications ont été préparées.
Mais le document précise que la nouvelle mécanique d'annonces n'est pas encore intégrée au fonctionnement du maillage distribué aux utilisateurs.
La version iOS 1.8.0 du 23 octobre 2026 apporte plusieurs renforcements de sécurité, notamment concernant les sessions Noise et la vérification des identités.
Ses notes de publication ne permettent cependant pas de considérer la nouvelle protection contre la corrélation des identifiants comme entièrement déployée.
Attention toutefois : des correctifs ont déjà été intégrés ailleurs. Toutes les faiblesses historiques ne subsistent donc pas nécessairement dans chaque version.
En revanche, la persistance des identifiants reste une limite reconnue dans la documentation actuelle.
Et c'est un sujet sur lequel les développeurs doivent être attendus.
9. 🌐 Les relais Nostr seraient-ils contrôlés par la CIA ?
Voilà une autre affirmation particulièrement aventureuse.
Bitchat utilise également Nostr pour permettre la communication à distance lorsque l'accès à Internet est disponible.
Nostr fonctionne avec des relais.
Et oui, un relais est un serveur.
Mais décentralisé ne veut pas dire dépourvu de serveurs. Cela signifie notamment qu'aucun serveur unique n'est indispensable au fonctionnement de l'ensemble du réseau.
Les relais Nostr peuvent être administrés par des associations, des entreprises, des communautés ou de simples particuliers.
J'en sais quelque chose puisque j'administre moi-même un relais Nostr public : Nostrmap.
Il est accessible à cette adresse :
wss://relay.nostrmap.net
C'est un relais public francophone, gratuit et ouvert sans inscription.
Il repose notamment sur strfry, Caddy et une infrastructure que nous administrons nous-mêmes.
Notre politique prévoit l'anonymisation des adresses IP dans les journaux techniques et l'absence de profilage des utilisateurs.
Et je suis loin d'être le seul à exploiter bénévolement une infrastructure Nostr.
N'importe quel acteur disposant des compétences nécessaires peut déployer son propre relais.
C'est précisément l'un des intérêts du protocole.
Cela ne signifie évidemment pas qu'un relais bénévole soit automatiquement digne de confiance.
Un administrateur malveillant peut chercher à conserver les événements reçus, analyser leurs métadonnées ou observer les connexions.
Un service de renseignement peut parfaitement exploiter un relais sous sa propre identité ou sous une identité dissimulée.
Mais passer de « un service de renseignement peut exploiter un relais » à « les relais Nostr sont administrés par la CIA » relève de la spéculation.
Les utilisateurs choisissent leurs relais et Bitchat permet d'en ajouter. Rien n'indique que Bitchat utilise mon relais Nostrmap.
10. Quelles métadonnées un relais Nostr peut-il réellement observer ?
Un relais qui reçoit un événement Nostr peut notamment accéder aux informations de son enveloppe publique.
Selon le type de message, il peut observer des clés publiques, des tags, des horodatages, la taille des événements et des informations relatives à la connexion réseau.
Dans le cas des messages privés Bitchat, la documentation précise que le contenu est chiffré et que l'identité stable de l'expéditeur n'est pas exposée au relais.
Le destinataire reste cependant identifiable par une référence publique présente dans l'événement.
Des protections existent donc, mais elles ne suppriment pas toutes les métadonnées.
Bitchat permet également des salons publics fondés sur des geohash, des identifiants représentant des zones géographiques.
Ces informations peuvent révéler la zone associée à une conversation sans nécessairement fournir la position exacte de chaque participant.
La documentation indique par ailleurs que le routage Tor est activé par défaut pour les connexions concernées.
Cela limite l'exposition de l'adresse IP d'origine aux relais lorsque cette protection fonctionne correctement.
En revanche, si Tor est désactivé, le relais peut voir l'adresse IP avec laquelle son client établit la connexion, en l'absence d'une autre protection réseau.
Autrement dit, un relais peut connaître certaines choses, mais pas nécessairement qui se cache derrière chaque message ni ce que contient une conversation privée chiffrée.
Et il n'existe aucune raison technique de confondre l'existence de ces métadonnées avec une collecte centralisée organisée par Jack Dorsey.
11. Signal et Tor auraient-ils eux aussi été créés par les services américains ?
Les publications utilisent deux exemples historiques : Signal et Tor.
Ces exemples reposent sur des faits réels, mais les conclusions avancées sont beaucoup plus contestables.
Signal :
Open Whisper Systems, à l'origine de Signal, a bénéficié de financements provenant de l'Open Technology Fund.
L'OTF s'inscrit historiquement dans l'écosystème fédéral américain de financement des technologies de contournement de la censure.
C'est documenté.
Cela ne démontre pas que Signal serait un outil de collecte de données créé pour la CIA.
Tor :
Les travaux sur le routage en oignon sont issus de recherches conduites dans les années 1990 au Naval Research Laboratory américain.
C'est également documenté.
Mais l'auteur affirme ensuite que les nœuds de sortie Tor seraient majoritairement contrôlés par les agences américaines.
Sur quoi repose cette affirmation ?
Aucune preuve crédible n'est présentée pour établir un tel contrôle majoritaire.
Il existe des relais malveillants et des attaques par corrélation. Mais un nœud de sortie ne connaît pas automatiquement l'IP d'origine d'un circuit ; en exploiter un ne permet pas d'identifier toutes les communications.
Une possibilité d'attaque n'est pas la preuve d'un contrôle du réseau par les agences américaines.
12. « Si Jack Dorsey offre Bitchat gratuitement, c'est qu'il vend vos données »
C'est l'argument le plus faible.
Parce que Jack Dorsey est milliardaire, qu'il finance ou développe une application gratuite et qu'il ne cherche pas à la monétiser directement, il faudrait en conclure que la véritable valeur de Bitchat réside dans les données de ses utilisateurs.
Aucune preuve technique ne soutient cette déduction. Sinon, autant suspecter tout l'open source.
Des développeurs et des mécènes peuvent financer un logiciel libre pour des raisons idéologiques, techniques, économiques indirectes ou simplement parce qu'ils souhaitent voir exister une technologie.
La politique de confidentialité de Bitchat affirme que l'application n'intègre ni SDK publicitaire, ni système analytique de collecte, ni infrastructure centralisée de comptes.
Son code source est public.
Évidemment, le caractère open source ne suffit pas à garantir l'absence de fonctionnalité malveillante.
Il reste nécessaire d'examiner le code, les dépendances et les versions binaires distribuées.
Mais aucune preuve présentée ne démontre que Jack Dorsey récupérerait secrètement les données des utilisateurs.
Et il faut arrêter de confondre une exposition de métadonnées exploitable par un tiers avec une collecte volontaire organisée par l'éditeur.
Ce n'est ni la même architecture, ni la même responsabilité, ni la même accusation.
13. L'absence de serveur central ne signifie pas non plus l'absence de stockage
Bitchat stocke et retransmet certains messages quand les destinataires sont indisponibles.
Certaines enveloppes de messages privés peuvent être conservées temporairement sous forme chiffrée par des appareils intermédiaires.
Des historiques publics peuvent également être synchronisés entre appareils.
Et les relais Nostr peuvent conserver les événements reçus selon leur propre politique.
Le projet prévoit des mécanismes d'effacement d'urgence, notamment pour supprimer localement des clés, des historiques et des données persistantes.
Mais effacer les données de son téléphone ne fait pas disparaître les copies déjà reçues par d'autres appareils ou publiées sur des relais.
Ce n'est pas propre à Bitchat : après transmission, l'effacement ne dépend plus du seul expéditeur.
14. ⚠️ Bitchat est-il donc un piège destiné aux manifestants ?
À ce stade, je n'ai identifié aucune preuve permettant d'affirmer que Bitchat aurait été conçu pour surveiller des opposants politiques.
Pas de financement direct établi par la CIA.
Pas de contrat de développement attribuable à une agence de renseignement.
Pas de porte dérobée documentée destinée à cette fin.
Pas de preuve d'une opération de collecte organisée par Jack Dorsey.
En revanche, les risques de corrélation des identifiants, d'observation des émissions Bluetooth et d'analyse de certaines métadonnées sont réels.
Certains sont directement documentés par les développeurs.
Mais une vulnérabilité n'est pas une preuve d'intention malveillante.
Une faiblesse d'architecture peut parfaitement exister dans un logiciel conçu pour protéger ses utilisateurs.
Et c'est justement pour cette raison qu'il faut examiner le code, tester les implémentations, publier les faiblesses et exiger des correctifs.
La sécurité ne repose pas sur la confiance accordée à un milliardaire, à une fondation ou à un développeur.
Elle repose sur des propriétés techniques vérifiables.
15. Ce que je reproche finalement à ces publications
Enquêter sur les financements américains est légitime. Ils existent et leurs effets méritent d'être étudiés.
Signaler les métadonnées exposées par Bitchat l'est aussi.
Le problème commence lorsqu'on prend plusieurs faits exacts, qu'on les relie par des hypothèses non démontrées, puis qu'on présente la conclusion comme une révélation.
La CIA a historiquement conduit des opérations de soutien à des opposants étrangers.
La NED entretient des partenariats avec HRF.
HRF finance OpenSats.
OpenSats soutient un développeur de Bitchat.
Bitchat expose certaines métadonnées Bluetooth.
Et donc Bitchat serait un piège de la CIA ? Il manque une chose : la preuve.
Ce raccourci détourne l'attention de l'essentiel : les utilisateurs connaissent-ils réellement les limites de leur confidentialité ?
Ma conclusion
Bitchat présente des qualités intéressantes, notamment sa capacité à faire circuler des messages sans infrastructure Internet et sans serveur central obligatoire.
Son architecture n'est pas dépourvue de protections cryptographiques sérieuses.
Mais elle ne garantit pas l'anonymat radio des participants.
Les identifiants persistants et certaines annonces de présence constituent des surfaces d'exposition importantes, particulièrement dans les environnements où une surveillance physique est possible.
Il faut que les utilisateurs le sachent et que les développeurs poursuivent le travail engagé sur ces mécanismes.
Pour autant, les problèmes de corrélation des métadonnées traversent l'ensemble de l'écosystème des communications numériques, des messageries centralisées aux réseaux décentralisés, avec des degrés d'exposition et des protections très différents.
Bitchat n'a pas inventé ces risques.
Et aucune messagerie ne peut sérieusement promettre d'échapper à toute analyse de trafic, quel que soit l'adversaire.
Juger Bitchat uniquement sur l'origine supposée de ses financements serait aussi peu rigoureux que le déclarer parfaitement sûr parce qu'il est open source et décentralisé.
Ce qui me préoccupe, ce n'est pas qu'on critique Bitchat. C'est qu'on transforme une question de sécurité parfaitement légitime en démonstration d'espionnage sans apporter les preuves correspondantes.
Défendre la vie privée exige de distinguer faits, hypothèses et accusations. La rigueur ne doit pas être à géométrie variable.
Qu'il s'agisse de Bitchat, Signal, WhatsApp, Telegram ou Nostr, la véritable question reste la même : que peut observer un adversaire, à quel niveau du réseau, avec quels moyens et quelles protections lui sont opposées ?
Pas quel scénario géopolitique on peut inventer avec quelques liens institutionnels.
Replying to @PhilConte007
Bitchat de Jack Dorsey : des liens documentés avec l’écosystème de la NED 🇺🇸
La NED est partenaire de la Human Rights Foundation (HRF).
La HRF a versé 116 000 $ à OpenSats, une organisation finançant des développeurs de logiciels décentralisés.
OpenSats finance notamment Calle, développeur et responsable de Bitchat sur Android.
@Ced_haurus on va le faire plus simplement : la CIA a financé cette appli ;-)
Utilise en 2025 au Nepal, en Iran et en Inde en 2026.
📎 Sources:
NED - Partenariat avec HRF :
ned.org/ned-announces-the-wi…
OpenSats - Financement par HRF :
opensats.org/blog/opensats-r…
OpenSats - Calle et Bitchat :
opensats.org/newsletter/2026…
Gator L'alligator retweeted
Ça fait trois personnes qui font du contenu vaguement politisé que je vois faire 24/30/35h de garde à vue suite à des vidéos sur internet en soutien au manifestations.
Je ne sais pas si vous vous rendez compte dans quoi on est entrain de tomber.
Gator L'alligator retweeted
🇫🇷📵 Matignon a préparé la coupure de TikTok, Snapchat et Instagram pour ce week-end !!
Tout à l'heure je disais qu'un blocage des plateformes "exigerait une loi". En fait la lettre était déjà signée depuis le 22 octobre. Révélée par Blast...
> "Je souhaite pouvoir disposer de la faculté de suspendre temporairement l'accès à ces services en cas de réitération de violences urbaines"
> La méthode : "un filtrage de leurs noms de domaine (DNS)", en ménageant "dans la mesure du possible les accès Internet fixes"
> Quand.. "le week-end des 24 et 25 octobre", "pour une durée de quelques heures"
> La même semaine Matignon branchait l'Intérieur sur les plateformes via Pharos pour faire suspendre des comptes... sans juge !
> Nouvelle-Calédonie 2024.. le Conseil d'État a jugé le blocage de TikTok illégal... mais il a validé le principe en "circonstances exceptionnelles" si la coupure est courte et ciblée.
Exactement ce que décrit la lettre !
Un filtrage DNS tu le contournes en 2 minutes avec un DNS chiffré ou un VPN ça ne coupe que ceux qui ne savent pas
Bref... Pendant que le casseur change de DNS... Le citoyen perd son réseau 👏
Information exclusive Blast : le Premier ministre a préparé la coupure des réseaux sociaux pour le 24 octobre
Deux jours avant la manifestation du 24 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram ,Snapchat et X. Blast révèle la lettre et le compte rendu de la réunion qui a suivi, où les opérateurs ont exprimé leurs doutes. Le gouvernement avait déjà utilisée cette mesure liberticide en Nouvelle-Calédonie en 2024, avant d’être désavoué par le Conseil d’État.
Par @yanmdi.
blast-info.fr/articles/2026/…
Gator L'alligator retweeted
Cnews et Franceinfo ont tous les deux diffusé des images filmées dans les manifs en Albanie, en indiquant que c'est en France.
Peut-on trouver meilleure illustration de la porosité entre ces deux chaînes, dont la ligne éditoriale est très proche ?
Passez sur Primal avant le 24 l'équipe
Information exclusive Blast : le Premier ministre a préparé la coupure des réseaux sociaux pour le 24 octobre
Deux jours avant la manifestation du 24 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram ,Snapchat et X. Blast révèle la lettre et le compte rendu de la réunion qui a suivi, où les opérateurs ont exprimé leurs doutes. Le gouvernement avait déjà utilisée cette mesure liberticide en Nouvelle-Calédonie en 2024, avant d’être désavoué par le Conseil d’État.
Par @yanmdi.
blast-info.fr/articles/2026/…





































