Consultant en stratégie et transformation, spécialisé dans le secteur public Sujet du moment : réforme du modèle fiscalo-social français, notamment retraites

Paris, France
Joined February 2021
Je suis ici pour analyser l'action publique et proposer des mesures sérieuses et argumentées. Les analyses longues sont sur Substack ➜ lecahierdauniquien.substack.… Ce mega thread regroupe mes tweets d’analyse par blocs logiques.
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Je rejoins complètement Hadrien @Hadrien_Frstr ou Victor @FouquetVictor lorsqu’ils parlent de fantasme et d’illettrisme économique. Depuis que j’interviens dans le débat public et surtout que je débats avec des gens, je suis absolument sidéré par le niveau d’ignorance globale de la personne moyenne. Je sais bien qu’on théorise beaucoup de choses en France au détriment de la pratique mais voir des ignares m’affirmer qu’on subit le néolibéralisme est atterrant alors qu’il suffit simplement de regarder quelques chiffres macro comme le niveau des dépenses publique en % du PIB pour constater que ce n’est pas du tout le cas. Que les gens soient à ce point ignorants il y a des décennies était à la rigueur entendable en raison du manque d’information mais à notre époque c’est un signe à mes yeux de médiocrité intellectuelle monumentale. À titre d’exemple il suffit littéralement de jouer avec le calculateur URSSAF disponible en ligne pour constater à quels points les hauts salaires sont complètement matraqués de prélèvements. Idem pour les transferts intergénérationnels qui sont massifs mais qui sont niés par une bonne partie des retraités de ce réseau même lorsqu’ils sont soi-disant cultivés. Je sais bien que les hommes politiques tordent la réalité pour des raisons électoralistes mais j’en veux encore davantage à une bonne partie de la technostructure qui n’ose jamais poser clairement le diagnostic et qui est donc aussi responsable de la situation actuelle. Le meilleur exemple récent était la fumisterie de la diversification des sources de financement du système de retraites par l’incompétent @pierremoscovici qui ferait mieux de rester en dehors du débat public français tant sa contribution a été négative. Je persiste à croire que le seul moyen qu’on vote démocratiquement les changements nécessaires implique que des leaders d’opinion osent dire la vérité. Si c’est peine perdue alors la masse ne comprendra jamais les problèmes donc il n’y a aucun intérêt à lui demander son avis pour les résoudre.
Les Français fantasment d'un Etat néolibéral austéritaire imaginaire. Pendant ce temps aux USA on sert d'épouvantail comme exemple d'échec du système rêvé par les démocrates.
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Ce n'est pas possible d'être aussi nullissime @MLP_officiel. Je sais bien que vous cherchez à séduire les retraités pour obtenir le pouvoir et que cela fonctionne bien puisqu'une bonne partie est en train de basculer mais personne ne vous oblige à raconter des âneries pareilles. Les retraites sont littéralement le premier problème des finances publiques puisque nous payons des pensions trop généreuses au regard des capacités de financement de l'économie avec un écart monstrueux entre les cotisations perçues et les pensions versées. C'est le comblement de cet écart avec d'autres recettes publiques qui vient siphonner les budgets de toutes les autres politiques publiques. Il faut arrêter d'être idiot et démago et de croire qu'il suffira de toucher aux comités, agences et au train de vie de l'Etat pour rétablir l'équilibre des finances publiques. Il faut aussi le faire mais ce sera toujours insuffisant tant que vous ne toucherez pas aux dépenses sociales et aux retraites d'une manière ou d'une autre.
Le problème des retraites est dérisoire par rapport au montant des déficits et à l’intégralité des dépenses inutiles. Il y a aujourd’hui, par exemple, de nombreuses agences et comités Théodule qui dévitalisent le pouvoir politique et qui, au passage, coûtent une fortune.
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Les instances consultatives ministérielles (« comités Théodule ») représentaient un coût de ~30 millions d’euros en 2025, tandis que les retraites représentaient 422 milliards d’euros la même année, soit 14 000x plus. vie-publique.fr/en-bref/303627… drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/… (Page 99) ifrap.org/fonction-publi…
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Je suis proprement ulcéré de voir le niveau de démagogie et de stupidité des représentants de la Nation. Nous avons un problème gravissime de dépenses publiques, qui devrait nous imposer de les réduire drastiquement, et cette bande d'incapables réussit la prouesse de les augmenter Je ne vois pas l'intérêt d'une démocratie représentative lorsque les représentants sont aussi médiocres.
À l’Assemblée nationale, les débats se déroulent sur la partie « dépenses ». Alors que nous ne sommes même pas à la moitié des débats et que nous devrions BAISSER la dépense publique, nous en étions déjà, hier soir, à 17 milliards d’euros de dépenses supplémentaires votées … Ces dépenses ne sont pas gratuites : elles seront payées par la dette, donc par des impôts et, au bout du compte, moins de pouvoir d’achat. Nous allons à la catastrophe en chantant. Je ne cesserai de le répéter : il faut dépenser moins, dépenser mieux et travailler davantage pour sauver le pays, le pouvoir d’achat et les services publics.
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Les gens qui croient que nous vivons actuellement dans l'austérité sont des idiots qui n'ont pas la moindre idée de ce que cela veut dire vraiment. Je ne sais toujours pas comment cela pourra politiquement se faire mais j'espère simplement qu'au plan économique, l'ajustement portera principalement sur les transferts sociaux à destination des inactifs et plus particulièrement sur ceux à destination des seniors. Tout le monde devra subir l'austérité mais je souhaite vraiment qu'elle touche en priorité ceux qui ne sont pas productifs.
À l’issue de la grande bagarre nationale des six mois prochains, il faudra toujours trouver 120 milliards d’économies ou de hausse d’impôts. Dans la mesure où une grande partie du pays croit traverser une période d’austérité, cela risque hélas d’être très difficile.
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Par pur hasard, c'est globalement l'objet de ma chronique du jour pour @atlantico_fr et je rejoins complètement Olivier Babeau @OlivierBabeau. La France a un modèle social généreux, non seulement envers les inactifs mais également envers les actifs les moins favorisés. Le problème est que la redistribution en question est trop large et trop coûteuse puisque les prélèvements actuels ne suffisent pas et que nous nous endettons pour compenser ce qui nous ruine et pénalise l'appareil productif. Je ne sais pas comment régler le problème dans sa dimension politique mais dans sa dimension économique, la solution est évidente à mes yeux : - il faut assumer de réduire la redistribution en la concentrant sur les profils les plus vulnérables qui ne peuvent pas ou ne peuvent plus travailler, en visant explicitement un niveau de vie minimal, inférieur à celui des actifs productifs. De même les actifs des premiers déciles doivent recevoir moins d'aides et être moins bénéficiaires nets qu'aujourd'hui. - cela permettra de réduire le coût de cette redistribution et donc les prélèvements massifs actuels sur le travail - cela aboutira de facto à une augmentation des inégalités mais je considère que c'est le pre-réquis absolument nécessaire pour que les incitations soient recalées et que nous produisions collectivement davantage puisque ceux qui produisent garderont une plus grande partie des fruits de leur travail - enfin, il faut être lucide sur l'économie actuelle qui se polarise de plus en plus et qui est ouverte, qu'on l'apprécie ou non. Nous ne pouvons pas continuer notre petit rêve complètement fantaisiste d'une égalité croissante dans un monde qui s'en moque complètement. Tocqueville avait malheureusement raison et la question est donc désormais de savoir quels dirigeants politiques oseront proposer autre chose que ce totem de la redistribution.
C’est en fait le paradoxe de Tocqueville qui nous éclate à la figure. Dans l’un des pays qui redistribue le plus au monde, le pays qui égalise le plus les conditions objectives d’existence, qui donnent le plus de chance à tous, qui donne culture, éducation et enseignement supérieur gratuitement à tous, qui respecte le plus les droits de l’homme, dans ce pays de cocagne donc, une part significative de la population est persuadée qu’elle vit dans un enfer d’injustices et de violences systémiques. Comme l’avait très bien montré Tocqueville, plus il y a d’égalité, plus les inégalités qui restent deviennent insupportables. Notamment parce que la société méritocratique, par rapport à l’ancien régime fondé sur la naissance, a cela de terrible qu’elle rend les gens responsables de leurs conditions.
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Je laisse les commentateurs avancer leurs explications concernant les émeutes d'hier. Tout ce que je vois, c'est que leur coût gigantesque sera encore une fois socialisé alors que les finances publiques sont dans un état catastrophique ce qui retombera sur les actifs. Je ne change pas non plus d'avis sur la nécessité impérieuse de réduire les dépenses publiques et notamment la générosité de notre modèle social. Nous ne sortirons pas de cette situation avec un énième chèque en plus et tous les gens qui le pensent sont des simplets avec une vision de bisounours.
Le contribuable apportera sa part à la reconstruction de l’hôtel de ville de Limoges. Le Premier ministre précise que l’Etat «apportera son concours budgétaire direct» et mobilisera les assureurs pour une intervention rapide:
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Il n’y a vraiment pas grand-chose à sauver de cette déclaration de François Hollande @fhollande sous couvert de sérieux budgétaire. D'abord, c'est bien beau de se satisfaire d'un déficit de 3 % mais c'était le minimum vital en fait. Une véritable ambition aurait été de viser l’équilibre pour constituer des marges pour les crises suivantes et surtout de mener des réformes structurelles à la hauteur du problème. Par ailleurs, ce redressement avait un prix. Comme le rappelle @od2ole, Hollande a poursuivi et amplifié le choc fiscal engagé sous son prédécesseur. C'est facile dans ces conditions de réduire le déficit quand on matraque les acteurs de prélèvements supplémentaires. Présenter ce résultat comme un brevet de bonne gestion en laissant au second plan la facture imposée aux contribuables, c’est un joli tour de passe-passe politique. Même problème avec les comptes sociaux brandis comme un trophée. La belle affaire d'avoir eu une branche retraite à l'équilibre quand on sait que les cotisations ne couvrent pas du tout les pensions et que le financement des pensions siphonne d'autres recettes qui ne servent donc pas à d'aitres politiques publiques. Ce n'est pas parce qu'on a un équilibre facial qu'on garantit la soutenabilité du financement. De toute manière, le fond du problème est que Hollande se félicite d’avoir maintenu à flot un modèle fiscalo-social qu’il fallait le refondre. Il revendique une gestion à la papa alors qu’il fallait préparer le pays au vieillissement ce qu'il n'a pas fait. Dix ans plus tard, la contrainte démographique s’est considérablement durcie et sa réponse reste la même à savoir une politique molle de centre gauche : rétablir des prélèvements, trouver quelques économies et sanctuariser les services publics. Certes @Limatronique une gauche qui reconnaît la nécessité de maîtriser le déficit, c’est mieux qu’une gauche budgétaire en mode YOLO du type LFI mais ce minimum de sérieux ne suffit pas à faire une offre de redressement à la hauteur du problème. Avec Hollande, la promesse est de continuer à faire tenir le modèle. Or nous avons besoin d’une révolution de ce modèle : abattre les totems, revoir ce que nous finançons, pour qui et à quel prix. Hollande ne fait que montrer qu'il en est idéologiquement incapable comme le reste de la gauche en France. Elle sanctuarise le modèle, fausse le diagnostic pour le préserver, puis propose de prélever davantage pour prolonger son fonctionnement. À ce niveau de responsabilités, le déni ou l’ignorance sont gravissimes. Je n'ai aucune confiance en lui et en la gauche en général pour conduire une rupture dont elle refuse de reconnaître la nécessité. Elle reste beaucoup trop prisonnière du modèle qu’elle prétend sauver et elle entend nous y enfermer avec elle. Je commencerai à écouter la gauche quand elle commencera à dire clairement que le modèle social n'est pas tenable en l'état et qu'elle assumera une baisse des dépenses d'une manière ou d'une autre.
Réduire le déficit, c’est possible. Je l’ai fait quand j’étais Président. À la fin de mon mandat, le déficit était à 3% et les comptes de la Sécurité sociale à l’équilibre. En 2027, il faudra rétablir les comptes et redonner confiance !
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Nouveau coup de gueule du jour contre tous les députés pleutres, lâches, couards et vendus qui ont acceptés de protéger les retraités alors que le pays est littéralement en train de couler, notamment à cause des transferts et des avantages divers accordés aux seniors. Une mention spéciale à Laurent Wauquiez @laurentwauquiez pour lui dire tout le mépris que j'ai à son égard pour avoir porté cet amendement. Il est le digne représentant d'une classe politique gérontophile qui est en train de sacrifier l'avenir. Je tiens aussi à saluer les parlementaires qui ont voté contre l'amendement, notamment @philippejuvin. Voilà au moins un député lucide sur la situation actuelle. Au passage, ce vote renforce ma conviction du besoin de radicalité. J'en ai assez d'entendre qu'il faudrait demander des efforts mesurés au prétexte que cela serait acceptable politiquement. La preuve en est que rien n'est pas acceptable politiquement en l'état et que l'Assemblée ne sera pas fichue de voter un budget correct. Perdu pour perdu, je maintiens que le gouvernement devrait être ouvertement maximaliste pour montrer en France et en dehors qu'il a pris la conscience du problème. Il aurait donc dû demander la suppression pure et simple de cet abattement injustifié.
Rendre à Brutus ce qui est à Brutus. L'amendement protégeant l'abattement des retraités a été porté par Laurent Wauquiez pour LR. Les retraités aisés ne perdront pas 0,5% de leur niveau de vie. Les seuls votes contre : HOR, EPR, Modem... et 1 LR, @philippejuvin.
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Je ne vais pas me faire des amis auprès des fans de David Lisnard @davidlisnard mais ce qu'il évoque en matière de retraites dans ce post est insuffisant. Tout d'abord, il donne encore l'impression que la capitalisation est une solution magique qui va sauver les services et les finances publiques. Pour la énième fois, je rappelle que la capitalisation, que je souhaite également développer, sera utile pour réduire les déséquilibres dans le futur mais qu'elle ne change strictement rien au déséquilibre actuel en raison de volume actuels de pensions à payer. Ensuite, ce qu'il propose en matière de marge de manœuvre n'est pas à la hauteur : - désindexation des pensions les plus élevées de l’inflation --> trop généreux, il faudrait geler toutes les pensions - convergence des régimes publics et privés --> ça donne encore l'impression qu'un régime est avantageux par rapport à un autre ce qui n'est pas le cas et ça ne génère donc pas en soi des économies - fin des régimes spéciaux --> ok mais concrètement pour le futur uniquement ou on touche aussi aux retraités actuels et si oui à quelle hauteur ? Si on veut vraiment être à la hauteur du problème, on doit poser sur la table le niveau actuel des pensions, pour le réduire, et l'âge de départ actuel à la retraite, pour l'augmenter. Enfin, il parle d'une transition longue et difficile ce qui sera bien le cas mais ça commence à être franchement long d'attendre le détail.
Énième confirmation d’un constat que je m’époumone à faire depuis des années, désormais audible : les moyens du terrain sont détournés par les retraites (qui représentent 35% du budget de la sécurité et 32% de celui de l’éducation) et l’hyper bureaucratie. Tout cela à cause des irresponsables politiques qui, « en responsabilité », ont maintenu, malgré la décroissance démographique, donc du financement, le système par répartition intégrale. Seule une part de capitalisation, qui fait désormais consensus, pourra sauver à la fois les services et les finances publiques. La transition vers ce nouveau régime sera longue et difficile, et je la détaillerai bientôt, mais il est possible de stopper l’hémorragie pour retrouver des marges de manœuvre dès maintenant : désindexation des pensions les plus élevées de l’inflation, convergence des régimes publics et privés, fin des régimes spéciaux. Nous commencerons dès mai 2027. #OnArrive
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Je ne peux que saluer la publication du jaune budgétaire 2027 sur les pensions de retraite de la fonction publique, qui permet enfin de mieux mesurer leur poids dans les budgets des ministères. Je salue également le travail de ceux qui se battent depuis des années pour cette transparence, notamment Maxime Sbaihi @MxSba, Sylvain Catherine @sc_cath, Jean-Pascal Beaufret @Beaufretjpascal et Stéphane Vojetta @StephaneVojetta. C'est un combat auquel je me suis également associé et je me réjouis de voir qu'il commence à porter ses fruits. J'ai parcouru ce document et j'en tire plusieurs conclusions. 1. Arrêtons les querelles interminables sur le bon taux de cotisation employeur de l'Etat. Il n'existe pas de taux magique et indiscutable. C'est une convention comptable et économique. Personnellement, je défends une solution simple : retenir un taux conventionnel commun, comparable à celui du privé, quitte à financer séparément les spécificités statutaires qui le justifient. L'essentiel est de distinguer clairement les cotisations normales, les dispositifs spécifiques et les contributions destinées à équilibrer le régime. 2. Le véritable problème est l'éviction des dépenses publiques par le financement du passé. Les chiffres sont vertigineux et choquants. Les contributions aux retraites représentent environ 32 % des crédits de l'Éducation nationale et 30 % de ceux de l'Intérieur. Une partie des moyens que nous croyons consacrer à l'école, à la sécurité ou à la défense sert en réalité à financer les engagements du passé, et non les agents qui accomplissent ces missions aujourd'hui. C'est autant d'argent qui n'est pas disponible pour mieux rémunérer les fonctionnaires en activité, investir, équiper nos services ou réduire le déficit public. C'est un véritable arbitrage de finances publiques qui n'était pas assumé en tant que tel. 3. Il faut maintenant passer de la transparence documentaire à la transparence institutionnelle. Le CAS Pensions existe déjà, mais je reste favorable à une véritable caisse dédiée, avec des flux financiers explicitement identifiés et une séparation rigoureuse entre cotisations, solidarité et financement des déséquilibres. Je veux que chaque euro soit traçable, que les subventions d'équilibre soient visibles et qu'on cesse de masquer les arbitrages derrière des taux de cotisation artificiellement élevés. À terme, cela renforce ma conviction. Nous devons viser un régime universel de protection sociale, avec des règles communes et des spécificités financées et justifiées explicitement. La fragmentation actuelle des régimes, notamment sur les retraites, l'invalidité et les autres prestations, entretient une opacité dont nous devons sortir. 4. Il faudra assumer de réduire les dépenses de retraite, y compris les pensions publiques. La transparence est indispensable, mais elle ne doit pas devenir un exercice intellectuel sans conséquences budgétaires. Une réforme comptable ne fait pas disparaître les pensions à payer. Si nous voulons réellement dégager des marges de manœuvre, il faudra donc toucher au niveau de la dépense, avec des modalités qui tiennent compte des spécificités des régimes et de la situation des retraités. Je ne vois aucune raison de sanctuariser indéfiniment les pensions au détriment des rémunérations des actifs et des autres priorités nationales. 5. Ma proposition : une règle de partage des économies à 50/50 Pour chaque euro d'économie réellement réalisé sur ces pensions : → 50 centimes pour réduire le déficit public → 50 centimes pour renforcer les moyens des politiques publiques concernées, notamment les rémunérations du personnel actuel voire les dépenses d'équipement et d'investissement. Cela me paraît un compromis raisonnable entre deux impératifs : assainir les finances publiques et redonner des moyens aux administrations qui remplissent aujourd'hui leurs missions. En conclusion, ce jaune budgétaire est une avancée majeure pour la transparence mais il ne doit être qu'un commencement. Maintenant que nous voyons mieux où va l'argent, il faut avoir le courage politique d'en tirer les conséquences et si on veut vraiment favoriser la jeunesse et les actifs, il faut baisser le poids réels de ces pensions d'une manière ou d'une autre.
C'est HISTORIQUE: Bercy publie pour la 1ère fois le poids réel des pensions dans le budget de chaque ministère. Attention, ça pique: 32% du budget de l’Éducation nationale et 30% du budget de l'Intérieur part en réalité dans... les retraites Tous les ministères sont concernés⤵️
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C'est exactement ce que je dénonce depuis des mois. Le problème principal de la France est son modèle social financièrement insoutenable, qui organise des transferts massifs de revenus des actifs vers les inactifs et en particulier une extraction intergénérationnelle des seniors sur les actifs via les pensions, les soins et les allocations diverses. Le deuxième problème concerne l'Etat au sens large qui gère trop de politiques publiques pour une trop faible efficacité mais c'est secondaire par rapport au modèle social. C'est pour cela que je critique vertement ceux qui font de la réforme de l'Etat l'alpha et l'oméga de leur programme sans parler du modèle social. C'est aussi pour cela que, à choisir, je suggère qu'on commence d'abord par le social car c'est paradoxalement techniquement simple de faire des économies puisqu'il suffit de moins verser et que la puissance publique contrôle directement les leviers.
C’est pourtant d’une incroyable simplicité : la France s’effondre sous le poids d’un système de protection sociale dont elle n’a plus les moyens et (dans une moindre mesure) d’un État obèse ayant besoin d’une très sérieuse modernisation. Il n’y a rien de plus à comprendre. C’est le déni essentiel qui structure le débat public, l’éléphant dans la pièce.
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Je sais bien qu'il y a des raisons politiques pour fixer un plafond d'indexation des pensions mais je maintiens que c'est une très mauvaise idée. D'abord parce que techniquement on entre dans débats sans fin sur le montant du plafond et c'est le bal des simplets pour le fixer. Là, on a un député LFI qui invoque le seuil de pauvreté (indicateur que je trouve bidon au passage) et on a déjà ou on va avoir ceux qui invoquent le SMIC alors qu'il n'y a aucune raison de comparer un revenu de remplacement à un revenu d'activité. Ensuite parce que politiquement, on voit bien que ça ne facilite en rien l'adoption du budget puisque l'opposition est virulente. Je maintiens que le gouvernement aurait dû être radical et proposer un gel de toutes les pensions parce que c'est économiquement pertinent et cela aurait eu en plus le mérite d'envoyer un signal fort à l'opinion publique et aux marchés. Pour les retraités modestes, il suffit d'indexer l'ASPA au lieu de se faire des noeuds au cerveau.
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Ça fait des mois que je dis qu’il faut refondre complètement le modèle social et ne pas se contenter de mesures paramétriques. Oui il y a des gens qui vont y perdre et il faut assumer que ce soit globalement les inactifs surtout seniors pour prioriser les actifs productifs.
La France est prisonnière d’un double paradoxe qui peut se résumer en 2 phrases : personne n’a d’intérêt individuel à la réforme, tout en la souhaitant; chacun à l’inverse aurait tort de ne pas tirer profit d’un système, dont tous déplorent la faillite. lopinion.fr/politique/la-fra…
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Commentaire doctrinal de la dernière chronique de Jacques Attali @jattali où il parle d'une nouvelle nuit du 4 août pour mettre fin aux privilèges des retraités. Je suis globalement d'accord avec le diagnostic mais moins avec les solutions. Tout d'abord, je partage bien son constat notamment lorsqu'il écrit que les retraités bénéficient collectivement de règles conçues à une autre époque. C'est exactement le coeur du problème puisque notre modèle social a été calibré dans des conditions démographiques qui n'existent plus, sans véritable considération pour sa soutenabilité. Encore une fois, le problème n'est pas que les retraités soient riches dans l'absolu mais que le modèle qui préserve leur niveau de vie est devenu excessivement coûteux pour les actifs et l'appareil productif et a transformé la solidarité intergénérationnelle en extraction intergénérationnelle. Si nous avions beaucoup moins de retraités, je n'aurais aucun problème à ce qu'ils perçoivent des pensions encore plus généreuses mais aujourd'hui, maintenir ces avantages implique des prélèvements considérables sur les actifs, au détriment de leur revenu disponible, de leur capacité d'épargne et de notre économie. Concernant les propositions énoncées sous forme de renoncement, j'ai des divergences doctrinales. 1. Oui pour transmettre plus tôt mais surtout pour faire en sorte que la théorique économique du cycle de vie s'applique Je suis favorable à une fiscalité encourageant les transmissions précoces mais ma préférence va à des droits de succession quasi inexistants, compensés par une réduction substantielle des transferts sociaux vers les générations âgées, permettant de réduire les prélèvements sur les actifs pour leur permettre de constituer eux-mêmes leur patrimoine. En particulier, je trouve ça particulièrement dommageable que les actifs sans héritage soient contraints de financer des pensions permettant à d'autres de préserver leur patrimoine pour leurs descendants. La fin des droits de succession pourrait accroître les inégalités patrimoniales mais je l'assume complètement surtout si les retraités sont contraints de consommer leur patrimoine pour compenser la baisse de leur pension de répartition. C'est ça qu'on devrait constater plutôt qu'une épargne aussi élevée. 2. Oui pour réduire les pensions mais pas uniquement celles des plus aisés Les pensions les plus élevées ne sont pas nécessairement celles qui présentent le rendement contributif le plus favorable. J'estime donc que c'est donc l'ensemble des pensions qu'il faudrait recalibrer, idéalement par un calcul actuariel rétrospectif tenant compte des cotisations versées et des pensions à percevoir. À défaut d'y parvenir, il faudra au minimum geler les pensions, puis trouver des modalités de réduction tenant compte du niveau de richesse et donc du patrimoine avec un filet de sécurité pour les plus modestes. Au passage, il faut bien entendu supprimer immédiatement l'abattement de 10 % sur les pensions qui est complètement injustifié. En revanche, contrairement à Attali, je refuse que toutes les économies soient transformées en nouvelles dépenses pour la jeunesse. Avec plus de 5 % de déficit public, cela ne me semble malheureusement pas raisonnable. Je préfèrerais donc plutôt me doter d'une règle conduisant à affecter 50 % des économies à la réduction du déficit et 50 % à la baisse des prélèvements sur les actifs. 3. Oui pour travailler plus longtemps mais arrêtons avec le cliché de la pénibilité Il faut travailler plus longtemps, pas tant pour sauver notre modèle social que pour maintenir le niveau de production dans une société vieillissante. Cependant, j'aimerais que Jacques Attali reconnaisse un jour que la retraite à 60 ans instaurée sous Mitterrand fut une erreur historique. Même si on la considère comme défendable à l'époque, ce qui n'est pas mon cas, elle reste l'une des pires erreurs de politique économique à mes yeux et elle a surtout installé une norme politique dont nous n'arrivons toujours pas à sortir. Quant à la pénibilité, je trouve très cliché de citer l'ouvrier et le cadre sans donner un mécanisme concret pour en tenir compte. Ma position est constante sur ce sujet, je préfère favoriser les reconversions et aider les personnes réellement incapables de poursuivre une activité plutôt que multiplier les dispositifs complexes fondés sur les professions. Ne plus pouvoir exercer son métier ne signifie pas nécessairement ne plus pouvoir travailler. Enfin, Attali appelle les retraités à renoncer volontairement à leurs privilèges. Je salue sa démarche même si je suis pessimiste. Trop de retraités refusent toute remise en cause de leurs avantages, y compris parmi les plus aisés. J'ai déjà d'ailleurs critiqué à plusieurs reprises certains de ses représentants sur X, qui sont souvent des journalistes d'ailleurs. Par ailleurs, quand je vois les députés refuser de forfaitiser simplement l'abattement de 10 % sur les pensions, je pense sincèrement qu'il faudra une contrainte forte pour vraiment régler le problème. Nous n'aurons pas le luxe d'attendre que les retraités bienveillants soient majoritaires pour prendre des décisions drastiques.
Les retraités doivent demander d’eux-mêmes, dans leur propre intérêt, la réduction de leurs privilèges. Ma nouvelle chronique pour @lesechos est en ligne. Lien en bio. attali.com/geopolitique/pour… Image : Assemblée nationale, abandon de tous les privilèges, à Versailles, séance de la nuit du 4 au 5 août 1789. Isidore-Stanislas Helman (graveur), d'après Charles Monnet (dessinateur).
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Il ne faut pas conserver notre modèle social car il est financièrement insoutenable et il pénalise l’appareil productif. Il faut le refondre de fond en comble pour qu’il coûte moins, qu’on donne moins aux inactifs notamment les seniors et qu’on produise plus.
"Vous voulez l'État-providence ? Respectez le capitalisme !" 🗣️ À l'occasion de l'événement BIG qu'il organise à Paris, Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance, est venu passer un coup de gueule sur le plateau de BFM Business contre les réticences françaises envers le capitalisme. Pour lui, si on veut conserver notre modèle social, il faut respecter les entrepreneurs et leur donner les moyens d'agir.
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Enième exemple de pleutrerie, de lâcheté et de couardise de parlementaires vendus, incapables de supprimer un avantage fiscal injustifié pour les retraités. Je ne peux que saluer au passage le courage de @guillaumekasba qui a défendu le rabot même si ça reste insuffisant.
"Tout le monde doit faire des efforts… sauf les retraités." Par pur électoralisme, la commission des finances vient de sauver leur niche fiscale. Même une toute petite réduction de l’abattement de 10%, ils n’en veulent pas. Coût: 5Md€, à la charge des actifs. INSUPPORTABLE!
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Il y aura un effort proportionné des retraités lorsque ce sera à la hauteur des centaines de milliards d'euros de transferts sociaux qu'ils perçoivent. A court terme, ça devrait être gel des pensions, et suppression de l'abattement de 10 % et des taux réduits de CSG.
Aucune pension de retraite ne sera abaissée. Et les petites retraites seront entièrement protégées. Dans le budget que nous proposons, l’effort demandé aux retraités est proportionné : ils représentent 25 % de la population et contribueront à hauteur de 10 % de l’effort global. Il faut aussi regarder la réalité : la revalorisation automatique des pensions à 100 % de l’inflation a représenté 15 milliards d’euros en 2024. Dans le même temps, les salaires, eux, ne sont pas automatiquement indexés sur l’inflation. Notre ligne est simple : protéger les plus modestes et demander à chacun une contribution juste et proportionnée au redressement de nos finances publiques.
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Si les retraités représentent 25 % de la population, une contribution à l’effort de seulement 10 % n’est pas proportionnée. Les retraités sont favorisés : leur contribution sera inférieure à ce que l’on demandera au reste de la population. lemonde.fr/passeurdescien…
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Je viens d'analyser le projet de budget 2027 à partir du dossier de presse sans entrer dans la bataille politique à venir. Mon avis doctrinal est simple : ce budget est insuffisant et il n'est pas du tout à la hauteur du probl_me. Il contient quelques bonnes mesures et commence parfois à hiérarchiser les priorités mais il ne constitue ni un véritable redressement des finances publiques, ni évidemment un budget d’austérité. Le déficit resterait à 5 % du PIB, la dette monterait à 121,7 %, les dépenses publiques continueraient d’augmenter en volume et les prélèvements obligatoires progresseraient encore. Ce que j’aurais fait : - davantage de baisses de dépenses et d’effectifs sur l’État - une contrainte beaucoup plus forte sur les dépenses de fonctionnement des collectivités - au minimum une quasi-stabilisation en valeur des dépenses sociales, avec gel beaucoup plus large des pensions et prestations - pas de hausse générale des grands impôts, mais une fiscalité plus cohérente : suppression des surtaxes nuisibles, fin des avantages injustifiés, gel du barème de l’IR et remise à plat des taux réduits de TVA. J’ai détaillé le raisonnement dans mon dernier post Substack.
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Voici le lien, c'est d'ailleurs mon premier post original hors intervention Atlantico depuis plusieurs mois. lecahierdauniquien.substack.…
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